Auteur Sujet: nous ne parlons pas du suicide de son frère avec notre fille  (Lu 3035 fois)

sylvie E.

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C'est notre fille qui a trouvé son frère pendu. Elle avait 14 ans, il en avait 17. Nous parlons souvent de notre fils avec mon époux. Et je parlais ou faisait souvent référence à mon fils pendant la 1ère année. Mais je sentais que cela mettait ma fille mal à l'aise. J'avais mis plein de photos dans le salon, il n'en reste qu'une. Elle ne va pas sur sa tombe, mais ça n'est pas important. Je pense qu'elle a un mélange de culpabilité, mais aussi un sentiment d'abandon. Elle va avoir 18 ans, et son comportement est excessif : elle fait trop la fête et je pense qu'elle côtoie des gens qui consomment de l'alcool et peut-être du cannabis. J'ai le sentiment qu'elle fuit la maison, même si on en a changer depuis, et a besoin de s'évader. Je suis inquiète pour elle par rapport à l'alcool, mais aussi à la fatigue qu'elle cumule et qui nuit à notre relation et à ses résultats scolaires bien entendu. Un jour, (seulement), elle est rentrée un dimanche soir tard, trop tard (23h, il y a 4 ou 5 mois), épuisée, j'étais en colère contre elle, elle s'est effondrée, en pleurs, je l'ai retenue, et là elle m'a dit "il m'a abandonnée". Je ne sais s'il est nécessaire de parler de son frère avec elle, et comment le faire, sur quel thème l'aborder. Le pourquoi, qui est responsable, qui était son frère tout simplement et ce qu'il est aujourd'hui ... Notre culpabilité à chacun, nos ressentiments par rapports aux autres. Elle voit beaucoup de gens, ses fréquentations sont variées, de gentilles personnes, mais pas forcément d'un grand secours.

coro

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Re : nous ne parlons pas du suicide de son frère avec notre fille
« Réponse #1 le: mars 30, 2012, 10:27:47 am »
Bonjour Sylvie,

Nous comprenons votre inquiétude et votre questionnement.
Sachez qu'un des moteurs des associations comme la nôtre est d'encourager, d'aider à renouer et entretenir le dialogue entre enfants et parents. La prévention passe par la parole. Notre expérience montre que ce lien est essentiel : la parole libère, apaise, pose les choses ;  les non-dits empoisonnent et emprisonnent.
Vous pouvez dire simplement pour commencer ce que vous ressentez : je m'inquiète pour toi, j'ai le sentiment que parler de ton frère te met mal à l'aise, tu sais nous nous sentons tous coupables... Parler de soi dans un premier temps permet à l'autre de se sentir plus à l'aise pour s'exprimer à son tour.

Bon courage...

muriel

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Re : nous ne parlons pas du suicide de son frère avec notre fille
« Réponse #2 le: juillet 26, 2012, 08:00:33 pm »
Bonjour Sylvie,
J'espère que depuis vous avez trouvez la façon dont vous pouvez communiquer avec votre fille sans la heurter.
Si je peux me permettre ayant moi même une fille qui a perdu son frère , dites lui qu'il ne l'a pas abandonné, qu'il n'a pas voulu partir et faire mal intentionnellement, qu'il est normal qu'elle se sente ou se soit sentie abandonnée mais que son geste n'a été que la conscéquence d'une souffrance extrème qu'il n'a pas pu contrôler.
Je vous adresse toute ma sympathie et vous souhaite de trouver un minimum de séreinité dans votre famille blessée .