Auteur Sujet: Quotidien  (Lu 6658 fois)

PandaMother

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Quotidien
« le: octobre 24, 2013, 08:21:26 am »
Je me sens devenue handicapée, amputée, infirme. Est-ce que vous ressentez la même chose ?

Cette coulée de boue étouffante au réveil, lorsque la réalité s'impose avec une violence impitoyable, qu'on comprend, à cet instant où l'on est si vulnérable, où l'on n'a pas encore eu le temps de boulonner son armure, que notre enfant s'est donné la mort, que même si nos rêves nous évadent quelque temps, il faut, chaque fois, recevoir à nouveau cette brutale vérité.
Est-ce que, comme moi, vous vous levez avec l'espoir vain d'échapper à cette horreur pure ?

Je ne commence plus mes journées avec des tranquillisants comme au début, mais chaque matin, un sac de ciment occupe mon estomac, un seau de cendres asphyxie ma respiration, il faut longtemps pour que la vie, pas l'envie de vivre mais l'obligation, prenne un peu le dessus et me permette d'avancer, d'accomplir les gestes du quotidien, surtout sans réfléchir, mécaniquement.

Et quand on accepte une invitation, même chez des amis très proches, qui savent simplement être là et nous serrer contre eux lorsqu'ils nous voient pleurer, au bout d'un moment, c'est trop pour moi, j'étouffe, j'éprouve l'urgence de m'enfuir, de trouver un angle, un trou où me rouler en boule pour attendre, attendre que ça passe, comme si j'y croyais... Réfléchir à ce qui reste important, mes autres enfants, et j'ai bien conscience que certains d'entre vous ont perdu leur unique enfant, j'imagine le courage, la volonté, la détermination qu'il vous faut...

L'autre jour, on m'a demandé : "Est-ce que cet enfant était TOUTE ta vie ?" Non, bien sûr. La réponse était évidente, mais je n'avais pas envisagé les choses de cette manière. Cela me donne une larme d'espoir, un os à ronger, une réalité bien ferme à laquelle essayer de m'arrimer.

Je vous embrasse, je participerai samedi au groupe de parole organisé par l'association, avec mon mari.

Sophie

Theresina

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Re : Quotidien
« Réponse #1 le: octobre 24, 2013, 09:51:21 am »
chère Sophie,

comment ne pas être touché par ce que vous exprimez si bien de votre douleur ! toutes celles et tous ceux qui sont dans cet immense chagrin ne peuvent que retrouver les mêmes ressentis, cette douleur incommensurable.
Le groupe de parole est un réceptable de cette souffrance.
bien à vous,
Thérésina

PandaMother

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Re : Quotidien
« Réponse #2 le: octobre 24, 2013, 10:37:07 am »
Merci Theresina, être entendue est en soi un soulagement !

Sophie

muriel

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Re : Quotidien
« Réponse #3 le: octobre 25, 2013, 09:25:42 am »
Sophie , je te comprends si bien .
Tu demandes " est-ce que comme moi vous vous levez avec l'espoir vain d'échapper à cette douleur pure ? "
Le matin , au réveil , c'est comme une grande peur qui m'envahit et fait que je me lève aussitôt pour vite ôter cette enclume qui pèse sur ma poitrine et je me calme ou pas , quittes à me recoucher avec un verre de lait chaud et un livre.
Aujourd'hui c'est comme ça , je ne me réveille pas en étirant les bras ! On se contente de dire j'ai bien dormi cette nuit et le me surprends à sourire parfois , sourire d'étonnement .
Je me sens amputée aussi , c'est indéniable et la partie morte en moi se fait sentir quand je me réveille , sauf quand mon petit-fils est là et me crie " mamie , mamie , il fait jour ! "
Sauf quand un petit projet m'anime . Je concentre toute ma pensée et je suis comme zébulon sur des ressorts , ça fait du bien .
Je ne prends plus de tranquillisants au réveil , quitte à avoir mal ( et j'ai mal ) je préfère occuper mes pensées avec le sourire de mon fils en prime que j'imagine , un petit travail mental qui fonctionne parfois et quand je dis " le sourire de mon fils " c'est celui de l'autre coté du miroir pas celui que je connais de lui physiquement .
Douces pensées pour toi .

PandaMother

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Re : Quotidien
« Réponse #4 le: décembre 01, 2013, 07:26:19 am »
1er décembre 2013

Voilà. Deux ans. Impossible.

Il y a deux ans, j’étais descendue ensommeillée, et j’avais constaté qu’exceptionnellement, tu n’avais pas pris de douche, pas changé de vêtements. Je t’ai rejoint dans mon bureau, tu étais assis sur une chaise, enfilant et attachant tes rangers. Comme tu étais penché en avant, j’ai pris tes longs cheveux bouclés dans mes mains, tout l’or du monde.

Je savais que tu étais malheureux, ta petite amie, que tu aimais infiniment, à en mourir, t’avait quitté la veille. Je t’ai demandé ce que je pouvais faire pour t’aider à vivre cette journée. Tu m’as répondu « rien, merci ». Dans le sac bien fermé posé à tes pieds, il y avait déjà la lettre que tu nous lassais et les objets avec lesquels tu demandais à être enterré. J’ai caressé tes cheveux et tes épaules, je t’ai dit que je t’aimais, je t’ai souhaité tout le courage possible. Tu m’as remerciée. Tu étais taciturne mais pas hostile.

Je suis allée m’habiller moi aussi, et nous sommes partis pour que je te dépose à l’arrêt du car, à quelques kilomètres. Dans la voiture, je suis revenue sur la discussion houleuse que nous avions eue la veille, ton beau-père, toi et moi. Je t’ai expliqué doucement que nous n’essayions pas à toute force d’avoir raison contre toi, mais que nous avions plus de recul que toi sur ce qui t’attendait dans la vie (comment aurais-je imaginé que tu avais déjà décidé d’y mettre un terme ?), et que ce qui nous importait était que tu fasses les meilleurs choix, pour toi. Tu étais en terminale, tu voulais faire une prépa scientifique, puis polytechnique ou une école d’ingénieurs. J’ai oublié l’objet de la discussion. Mais ce matin-là, dans la voiture, tu m’as répondu d’un ton morne : « Ouais, mais j’ai 17 ans, et ça me fait chier. » Je savais que tu étais malheureux. J’ai posé la main sur ton genou, dans  mille ans, ma paume s’en souviendra encore. Je t’ai dit que je t’aimais, je t’ai souhaité une bonne journée. Nous étions arrivés. Tu m’as répondu « à ce soir » je crois, sans me regarder.
C’est la dernière fois que je t’ai vu.

À 8h30, ton lycée a appelé pour dire que tu ne t’étais pas présenté en cours. Je t’ai appelé dix fois. Toujours ta messagerie directement. À partir de, je ne sais plus, 9h15 peut-être, tu avas rallumé ton téléphone, mais ne décrochais pas pour autant. Je t’ai laissé plusieurs messages, le dernier disant que j’allais appeler la police car j’étais trop inquiète. Mais à ce moment-là, tu étais déjà mort.

Comment est-ce possible, que tu sois mort sans que je le sache instantanément ? Que la force de mon amour, qui t’avait donné la vie, ait été incapable de t’empêcher de mourir ?

Et suis-je condamnée à revivre cette journée chaque fois que je m’arrête pour me reposer un peu ? Revoir le flic qui m’a accueillie au commissariat sans rien me dire. Et quand j’ai enfin osé demander « Pouvez-vous juste me dire s’il va bien ? » il m’a répondu « Je ne peux rien vous dire, madame, parce que je ne sais rien ». Après, quand j’ai su, quand nous sommes ressortis de ce commissariat anéantis, je lui en ai voulu, il le savait bien, ce qui était arrivé. Mais finalement, qu’aurait-il pu me dire d’autre ?

Et les heures que j’ai passées, à ne pas oser demander si tu avais souffert, tellement je redoutais la réponse. Je n’aurais pas supporté d’entendre qu’en plus, tu avais souffert. Quand j’ai enfin su comment tu étais mort (j’avais supplié qu’on ne me le dise pas tout de suite), j’ai eu au moins ce soulagement que ça ait été instantané.

Voilà mon fils, je me suis levée pour t’écrire ça, ici sur ce forum où d’autres parents peuvent comprendre cette horreur, parce que je n’ai pas choisi d’accumuler les somnifères pour ne jamais me réveiller. Parce que malgré tout, j’ai envie de continuer à vivre, non pas sans toi mais avec la peine de ton absence, avec les souvenirs des bons moments de ton enfance, parce que je t’aime, infiniment.

J’avoue que certains jours, c’est plus difficile que d’autres.

Sophie

muriel

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Re : Quotidien
« Réponse #5 le: décembre 01, 2013, 09:50:09 am »
Ma chère Sophie ,
Je suis de tout coeur avec toi , émue par tes mots , il m'a semblé voir ton fils tondre la pelouse la veille , je te vois poser ta main sur son genoux.
Je te donne mes plus tendres et plus douces pensées , j'ai allumé une bougie pour lui , ton enfant , ce matin .
Je t'embrasse très fort .
 

Ange

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Re : Quotidien
« Réponse #6 le: décembre 01, 2013, 10:25:23 pm »
<3 <3 Parfois on a pas les mots, il faut savoir se taire! Je ne les aies pas aujourd'hui et j'en suis désolée Sophie mais j'ai une pensé triste et tendre pour toi. Je t'embrasse. Angélique
Angélique,DEDE, Angel et enfin Ange...je suis la maman de Mathilde qui a eu 14 ans le 1er mai 2012 et s'est suicidée le 17 juin 2012

PandaMother

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Re : Quotidien
« Réponse #7 le: décembre 02, 2013, 06:36:50 am »
Merci Muriel, merci Angélique !

Cette journée a été un enfer, j'ai juste l'impression d'avoir été rouée de coups, encore. Mais l'envie de continuer ne me quitte pas, même si je ne sais pas trop comment m'y prendre. Un pas après l'autre.
Angélique, bien sûr qu'on n'a pas toujours de mots, tes pensées et ta présence me touchent tout autant, merci ! Et je suis contente de continuer à te lire ici.

Je vous embrasse toutes et tous.

Sophie

PandaMother

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Re : Quotidien
« Réponse #8 le: décembre 28, 2013, 07:38:37 am »
Quel cauchemar que ces "fêtes" ! Je suis soulagée d'avoir déjà passé Noël, mais le deuxième réveillon qui se profile me semble insurmontable. J'aurais voulu me rouler en boule le 20 décembre et ne ressortir de ma grotte que début janvier. Je n'ai qu'une hâte, c'est de reprendre enfin le travail et d'être tranquille, dans mon bureau, coupée de tous.

Comme Muriel et Marie-Claude, et d'autres aussi sans doute, moi aussi je parle très souvent à mon garçon, je le sens à mes côtés, souriant, apaisé. Et quand je rêve de lui, je le vois serein aussi, et au matin, j'ai le sentiment qu'il est venu me faire une petite visite tendre. Je n'ai jamais douté de son amour et j'ai la certitude que lui non plus.

Sophie

marseillaise

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Re : Quotidien
« Réponse #9 le: décembre 28, 2013, 08:06:50 am »
bonjour sophie

Tu as raison de penser que ton enfant est près de toi il l'est. Nos enfants gardent le contact au moyen des rêves et se manifestent même autrement . moi aussi je redoutais noël les précédents étaient terribles, mais cette année pour la 1ère fois la joie de ma petite fille devant ses cadeaux m'ont fait comprendre qu'il faut être là pour ceux qui restent ils sont en vie eux et on n'a pas le droit de l'assombrir. j' ai essayé d'être heureuse avec elle pourtant cette année j' ai perdu mon père , puis ma mère après mon fils ça faisait beaucoup mais après 3 ans de non vie je sais qu' il faut continuer pour lui et aussi pour les autres. Chacun a un destin qui lui est propre et doit suivre sa route tout en gardant dans son coeur ceux qu'on a aimés, j'ai pris la décision de continuer à vivre pour ne pas aussi détruire toute ma famille mon fils ne l'aurait pas souhaité.
Je ne connais pas à part marie claude une autre personne qui n'ait pas retrouvé aussi le corps de son enfant et crois moi c'est si difficile ce doute en plus de tout.
je t'embrasse tu es sur le bon chemin.
lina la marseillaise

marie-claude

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Re : Quotidien
« Réponse #10 le: décembre 28, 2013, 03:57:10 pm »
Bonjour LIna,

Je suis contente de savoir que tout doucement l'acceptation prenne doucement forme et te permette de recommencer à vivre de bons moments avec ta petite file et ta famille. Également je suis absolument convaincue que nos enfants là d'où ils sont , nous aident comme ils le peuvent, cette autre forme de présence, trouve sa place également dans mon cœur.

Bientôt le Nouvel An, je forme le vœu que tous ici sur ce site nous puissions retrouver une forme de sérénité, de petits moments comme cela au hasard qui nous font plaisir. Puisse nos petits, se laisser gorger de cette belle lumière et que notre lien soit plus indestructible que jamais.

Marie-Claude xxxxx

marseillaise

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Re : Quotidien
« Réponse #11 le: décembre 28, 2013, 05:49:26 pm »
bonsoir Marie claude

c'est aussi mon souhait pour cette nouvelle année pour tous ceux qui comme nous on eu un trop plein de chagrin, laissez à nouveau la joie entrer dans vos coeurs nos enfants nous en serons reconnaissants. souriez leur et ils vous sourirons aussi.
Je suis persuadée qu'ils nous voient et continuent à vivre dans un autre espace temps ne leur faisons plus de peine, pour qu ils retrouvent la paix nous devons aussi la retrouver.

Bonne fin d'année à tous et surtout des jours meilleurs pour la nouvelle année
mille baisers
lina

muriel

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Re : Quotidien
« Réponse #12 le: janvier 10, 2014, 11:12:03 am »
Bonjour Sophie ,
Juste un petit mot pour te dire que je pense très fort à toi .

Ange

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Re : Quotidien
« Réponse #13 le: janvier 10, 2014, 08:31:08 pm »
Moi aussi Sophie, je pense très fort à toi <3
Angélique,DEDE, Angel et enfin Ange...je suis la maman de Mathilde qui a eu 14 ans le 1er mai 2012 et s'est suicidée le 17 juin 2012

PandaMother

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Re : Quotidien
« Réponse #14 le: février 08, 2014, 08:06:59 am »
Muriel, Angélique, merci mille fois pour vos petits mots qui me touchent profondément.

Ces derniers temps, j'ai fait une pause de ce forum, ce n'était pas prémédité, juste que j'étais très occupée ailleurs, mais sans cesser de penser à vous.

J'ai écrit un petit récit sur ma famille et ce que ce deuil effroyable en a fait. Il a été publié sur le site Raconter la vie, je suis fière de l'avoir fait. Vous pouvez le lire ici : http://raconterlavie.fr/recits/au-commencement-etait-notre-famille/

Je vous embrasse toutes et tous.

Sophie

Ange

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Re : Quotidien
« Réponse #15 le: février 08, 2014, 10:39:38 am »
Tu peux être fière de toi Sophie pour ce courageux et magnifique récit. Merci pour nous toutes et tous, nous avons besoin...j'ai besoin de personne comme toi avec l'intelligence du cœur comme je le dis aujourd'hui <3 c'est tellement précieux. Énormes bisous. Angélique
Angélique,DEDE, Angel et enfin Ange...je suis la maman de Mathilde qui a eu 14 ans le 1er mai 2012 et s'est suicidée le 17 juin 2012

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Re : Quotidien
« Réponse #16 le: février 09, 2014, 07:26:17 am »
Merci Angélique, je suis très touchée de ta gentillesse.
Cela me fait un bien fou d'écrire, j'ai l'impression de transformer toute cette souffrance en quelque chose de créatif, cela me motive.

Énormes bisous

Sophie

PandaMother

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Re : Quotidien
« Réponse #17 le: février 09, 2014, 08:01:07 am »
J'ai reçu ce matin un e-mail d'une maman dans la peine, désenfantée elle aussi de cette manière insoutenable. Quelque chose dans son message m'a fait penser à ma propre expérience, que je vous partage ici, peut-être vous parlera-t-elle.
Pendant très longtemps, je ne supportais plus mon mari, j'étais comme allergique à tout ce qu'il faisait. Et pourtant, objectivement, il ne faisait rien de plus extraordinaire que me soutenir, m'accompagner, pallier toutes mes absences domestiques, respirer, vivre.

Puis j'ai compris (avec l'aide de ma psychologue...) qu'au fond, je lui reprochais justement d'être là, en vie et d'occuper l'espace alors que mon beau garçon, si intelligent, avec qui je m'entendais si bien, n'est plus là. Et aussi, sa présence m'empêchait tout simplement de baisser les bras, de lâcher prise complètement, de disparaître à mon tour.

A plusieurs occasions, lorsque je me sentais particulièrement agacée par une de ses remarques, j'ai pris le temps de me demander ce qui m'exaspérait tellement dans ses paroles anodines. Et j'ai découvert que si mon fils avait été là, il n'aurait pas dit cela, il aurait compris deux fois plus vite... bref, ce qui me rendait folle, c'était "simplement" que mon fils ne soit plus là.

C'est très douloureux, d'être obligée de reconnaître qu'il ne sera plus jamais là, que rien ni personne ne me le rendra. Mais, dans une certaine mesure, cela m'apaise de pouvoir regarder mon mari tel qu'il est, d'admettre qu'il n'y peut rien s'il est là et pas mon petit, que ce n'est pas de sa faute. Je suis toujours aussi malheureuse, mais ce n'est plus à lui que j'en veux.

Cette compréhension m'a permis de retrouver un peu de paix au sein de mon foyer, de m'y sentir un peu moins mal, ce n'est pas rien.

Sophie

martine

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Re : Quotidien
« Réponse #18 le: février 09, 2014, 12:36:28 pm »
c est incroyable !!! je viens de lire mon histoire !! c est mon vécu depuis la mort de mon fils !!!

muriel

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Re : Quotidien
« Réponse #19 le: février 09, 2014, 01:46:14 pm »
Je suis en total accord avec Angélique ,
Merci Sophie pour ton partage . Ton récit me touche , ta lucidité me ramène à ma propre réalité si cruelle soit-elle la vie est bien là et les membres de nos familles sont en peine , ont besoin de nous comme nous d'eux . Pour ma part je suis à l'écoute de chacun d'eux mais il est vrai que cela ne fait que majorer mon angoisse quand je vois les miens assaillis d'épreuves très difficiles . Il est là le tout et de ce précieux tout il me faut l'inclure dans ma propre nouvelle existence sans et avec Sébastien .
Alors je tente de m'investir au mieux mais cette fragilité qui est en moi , cette impression de pouvoir éclater en mille morceaux pour peu que le vent souffle plus fort me fait peur .
Merci Sophie , tu m'aides sans le savoir .
Je t'embrasse très fort , pensée émue à Samuel qui s'il te voit ( et je le crois ) doit regarder sa maman éjectée de la planète et qui nous raconte comment elle y revient tout doucement même si elle ne sera plus comme avant .
L'amour est là , toujours .

PS: non , je n'oublie pas la plume .