Auteur Sujet: Ma fille ne se remet pas du départ de son frère , suicidé  (Lu 12307 fois)

skandareia

  • Nouveau membre
  • *
  • Messages: 11
    • Voir le profil
Ma fille ne se remet pas du départ de son frère , suicidé
« le: novembre 19, 2011, 03:33:30 pm »
Bonjour

mon fils est décédé depuis 5 ans ; la douleur est toujours là ; mais pour sa jeune soeur qui a24 ans à présent , c'est très difficile ; elle s'auto-mutile et après avoir scarifié intensément ses deux bras , elle a attaqué les cuisses; impossible de parler ; elle en veut terriblement à son frère, de "l'avoir trahie et abandonnée"; elle se punit , je pense de ne pas avoir su le retenir et peut être même elle se punit de ne pas avoir elle , le courage de se suicider, comme lui ; elle disait c'était "mon dieu"; elle n'a plus confiance ni en elle-m^me , ni dans aucun homme ; elle a des comportements , que je qualifie de destructeurs , très représentatifs de l'absence d'estime de soi. Nous ne parlons plus du tout ; elle souffre ; je souffre;
Sa grande soeur , 37 ans , est dans la souffrance aussi , mais elle , est devenue addicte aux dépenses, ce qui la met en grand danger , aussi , d'une autre façon ; avec elle non plus , pas d'échange , pas de contact ;  3 enfants et il reste quoi donc? la solitude ! parfois je souris , je ris , et je vis , et souvent je pleure .  Qui se remet jamais d'une telle blessure ? cependant , la résilience , je crois quand même , en être un exemple vivant

chaleureusement à toutes et tous Skandareia
Skandareia

Cathy

  • Membre Jr
  • **
  • Messages: 67
    • Voir le profil
Re : Ma fille ne se remet pas du départ de son frère , suicidé
« Réponse #1 le: novembre 19, 2011, 11:52:05 pm »
skandareia, mes deux filles, elles aussi sont perdues..... Leur grande soeur les a laissées dans le désarroi le plus total. Mon TRIO était très fusionnel, cela faisait plaisir à voir et puis, il y a 11mois, elle nous a quittés. Mélanie les guidait, les motivait, elle les poussait toujours à aller de l'avant. depuis, c'est l'horreur, elles ont perdu leur repère, plus d'envie (nous ne sommes pas non plus à la hauteur), Mélissa(20 ans) pense souvent à la rejoindre, elle dit que sa vie n'a plus de sens,et pour couronner le tout elle ne trouve pas de travail !!! Malgré l'amour de son copain, elle doute d'elle et me dit que c'était à elle de partir (elle est persuadée qu'elle ne vaut rien). Charline(15ans) est comme un roc, pas de discussion, pas de câlins, une présence, certes, mais silencieuse. Mélissa, en m'entendant hurler, m'a rejointe et a vu sa soeur au bout de cette corde dans ce garage froid! elle est profondément marquée par cette image, tout comme moi......La veille , elles rigolaient toutes les trois. Et pourtant tout était prêt; elle a arrêté sa montre à 23h, enlevé sa chaine, et écrit ce qu'elle allait faire, elle s'est habillée, comme pour sortir ( pour être présentable, comme elle disait). Et dire que je me suis levée à 2h du matin !!!!! je n'ai pas soupçonné une seule seconde qu'elle était dans le garage......je ne l'ai découverte qu'à 9h45, je pensais qu'elle dormait. Comment se regarder dans une glace et ne pas culpabiliser de ne pas avoir vu, entendu, compris. Mélissa, depuis, réveille des maladies psychosomatiques, toujours mal quelque part et Charline mange pour combler ce vide. Quant à nous nous sombrons dans une addiction pas très florissante.....Je suis déçue et j'ai honte de ce que je suis devenue. Je ne suis pas à la hauteur de montrer le bon exemple pour MES filles, et j'en suis désolée. Voilà en quelques mots (maux) ma vie, enfin ce qu'il en reste.. merci  une famille complètement désemparée

skandareia

  • Nouveau membre
  • *
  • Messages: 11
    • Voir le profil
Re : Ma fille ne se remet pas du départ de son frère , suicidé
« Réponse #2 le: novembre 20, 2011, 02:53:09 pm »
Bonjour à vous, Cathy

comme je comprends votre désarroi , votre tristesse , votre culpabilité, et celles de vos filles !
Mais non , vous n'êtes pas coupables, ni vous , ni elles!
Il faudra un très long chemin , pour que tout le monde trouve la paix; chacun emprunte le chemin qu'il peut pour survivre; si votre fille mange bcp , c'est pour confirmer par l'image qu'elle donne de son corps aux autres qu'elle ne s'aime pas; c'est une façon de s'abîmer , et votre fille aînée n'a plus guère confiance , malgré l'amour de son fiancé; vous êtes addicte , me dites vous ? je crois comprendre , mais ne vous faites pas encore plus de mal que ce que vous avez déjà subi!
Mon fils a fait comme votre fille , il s'est pendu une nuit, seul , à un arbre , chez un copain ; c'est le maire et la gendarmerie qui sont venus me l'annoncer le lendemain , alors que mon fils m'avait dit venir manger le samedi à midi; je l'ai attendu ..... pour le retrouver au ...funérarium! je ne sais pas comment j'ai tenu debout; mon fils est venu la nuit suivante, oui , oui , je dis bien mon fils décédé , je l'ai senti et vu et je l'ai entendu me dire :maman je suis bien maintenant; je sais que c'est sans doute le sub conscient qui travaillait à plein régime , mais cela m'a apaisée!

je souffre du silence et de l'absence de mes filles  et petits fils; j'ai souvent peur que la plus jeune ne fasse comme son frère ; mais tout l'amour du monde ne retient pas celui qui souffre tant, qu'il ou elle ne trouve d'autre échappatoire que l'envol vers les étoiles ;

mais ne vous faites pas plus de mal ; si vos filles vous voient vous détruire , elles sont sans doute encore plus angoissées ; maman et papa n'arrivent pas non plus à nous aider; je sais bien que chacun vit sa souffrance à sa façon, en intensité , dans le temps , en fonction de tant d e paramètres .... peu à peu , la vie reprendra, cela ne veut pas dire que l'on oublie celui ou celle qui est partie , oh! non , loin de là , mais c'est ainsi ou alors on verse dans le deuil pathologique ; mon fils est parti , il y a cinq ans ; j'ai retrouvé le bonheur auprès d'un homme, veuf , qui sait le sens de l'absence ; je ne culpabilise pas de vivre , de rire , de partager de s joies avec lui , parce que mon fils , là où il est me regard e, et il est heureux de me voir  ainsi; mais il est là en permanence dans mon coeur , comme une blessure qui ne cicatrisera jamais tout à fait , qui se r'ouvre aux dates anniversaires, et ainsi de suite .
Courage à vous ; j'ai bcp travaillé sur le deuil , sur moi ; j'ai cheminé ; je me suis inscrite à ce forum et j'ai le désir de soutenir les autres qui n'en sont pas encore là , vous , aussi ; ainsi le départ de mon fils n'est pas vain ; il me permet d'être plus humaine mais quel prix fallait-il payer pour cela!
si vous souhaitez que nous parlions de façon plus spontanée que par mail, je veux bien vous donner mon tel; à vous de voir ; en toute amitié , en toute compassion; en souvenir de votre fille , de mon fils , de celles et ceux qui restent et d e toutes les étoiles qui brillent dans le ciel et nous font verser des larmes .. Chaleureusement
Skandareia

heloise

  • Nouveau membre
  • *
  • Messages: 1
    • Voir le profil
Re : Ma fille ne se remet pas du départ de son frère , suicidé
« Réponse #3 le: décembre 04, 2011, 12:28:21 pm »
Bonjour à toutes,

c'est avec une grande tristesse que je lis vos messages... Mon frère a pris la décision de nous quitter en 1999, il allait avoir 20 ans et moi 18 à l'époque... Moi même en grande dépression à l'époque, je m'en suis voulu de ne pas avoir vu, de ne pas avoir été là. Continuer à "vivre" après un tel drame est tellement difficile. Quand il est parti, j'étais alors en clinique, mes parents étaient déjà affaibli par mes propres actes, et ne s'attendait pas à ça. Je les ai vu perdus face à leur propre douleur, leur propre perte mais aussi devant nous, ma petite soeur de 9 ans et moi même. Ma mère m'a souvent dit que si nous n'avions pas été là, elle serait surement partie le rejoindre. J'ai eu mal car je pensais à l'époque que je n'avais pas été à la hauteur pour mon frère, que je devais "sauver" mes parents, à tel point que ma propre douleur m'a rendu malade. Je me suis confondue dans des rôles différents, petite soeur, grande soeur et parents pour mes propres parents. Je me suis perdue moi même, croyant que je devais être forte pour ne pas effondrer mes parents plus qu'ils ne l'étaient.

Puis un jour, j'ai compris que je ne devais pas me punir, mais vivre pour 2, pour mon frère que la vie avait abandonnée. A l'époque, quand je regardais les étoiles, je prenais la plus lumineuse dans le ciel noir, et je me disais que mon frère était là, avec moi, à me surveiller.
Aujourd'hui, 12 ans après, j'ai toujours mal quand j'évolue. A la naissance de mon premier enfant, j'ai ressenti une telle peine de ne pas avoir mon frère avec moi, de penser que mon fils ne connaitrait jamais son tonton. Mon deuxième enfant naîtra en mars, et j'ai encore cette douleur dans le coeur qui me dit que ma petite fille non plus ne le connaitra pas. Mais la nuit me montre toujours cette étoile plus lumineuse que les autres, et je sais que partout où je me trouve sur Terre, je la vois, elle est avec moi, et elle me fait sourire car elle ne m'a jamais abandonné.

Il n'est pas facile d'être un frère ou une soeur de quelqu'un qui est parti, nous devons être fort pour nos parents, ne voulant pas leur "rajouter" de la douleur déjà immense. Trouver sa place, être celle ou celui qui reste. J'ai cru pendant un moment que mes parents auraient préferé que ce soit môi qui parte... mais je m'en veux maintenant d'avoir pensé ça. On se perd dans nos propres sentiments, notre propre douleur. C'est vrai, comment pouvoir continuer à vivre après ça ? La réponse est en chacun de nous, avec mes parents nous avons toujours voulu parler de mon frère, ne pas en faire un sujet tabou. Au début, c'était très difficile car quand nous prononçions le nom de mon frère, une plaie immense se rouvrait, peur de faire mal à l'autre, mais maintenant, il continue à vivre avec nous d'une certaine manière, et cela nous a permis de vivre ce deuil ensemble et de nous "reconstruire" ensemble.

Je vous souhaite à toutes et tous beaucoup de courage face à cette épreuve. Continuer à venir sur ce forum, je sais que mes parents et moi même sont très reconnaissants à Phare d'exister, d'être là pour nous, de nous montrer que nous ne sommes pas seuls car bien souvent notre entourage ne peut nous comprendre. Il y a quelques années, j'ai participé aux réunions que Phare organisait à Paris pour les frères et soeurs, et ça m'a énormément aidé, de voir que je n'étais pas folle de ressentir ce que je ressentais.

Pensées pour vous et vos proches

Cathy

  • Membre Jr
  • **
  • Messages: 67
    • Voir le profil
Re : Ma fille ne se remet pas du départ de son frère , suicidé
« Réponse #4 le: décembre 08, 2011, 06:31:43 am »
S'il vous plait, tenez moi au courant des prochaines réunions, je suis dans le sud et je pourrais prendre mes dispositions. J'en ai besoin, ici il n'y a rien !!!!!!!! merci à tous

Sev

  • Nouveau membre
  • *
  • Messages: 8
    • Voir le profil
Re : Ma fille ne se remet pas du départ de son frère , suicidé
« Réponse #5 le: décembre 09, 2011, 05:53:39 pm »
Bonjour.
Merci Eloise pour ce message. Nous avons perdu notre fille il y a trois ans et notre fils a été particulièrement touché: sa soeur ne l'a pas contacté avant de se donner la mort. avant, à cahque fois que son moral allait mal, elle l'appelait. Il a vécu cela comme une trahison. Il était fiancé et avait commencé un boulot. D'un seul coup, il a démissionné et nous avons eu des messages de sa fiancée qui était très inquiète et n'arrivait plus à parler avec lui. Nous avons même cru qu'ils romperaient alors qu'ils nous avaient annoncé leur mariage.
Et puis un jour, après quatre mois de break, il s'est pris par la main, sans rien dire...sans doute un déclic.
Il a cherché un nouveau boulot,  s'est réinvesti dans sa relation et dans son mariage. il est maintenant papa d'une petite fille et la vie a repris ses droits. Par contre, il est toujours difficile de parler avec lui de notre fille: la douleur sans doute et l'envie de se protéger...mais je sais maintenant qu'il en parle avec sa femme. Car je pense qu'il faut en parler quand on le souhaite, c'est cela qui petit à petit calme la douleur et la rend plus supportable.
Merci pour ton témoignage. N'hésite pas à continuer à écrire.
 
 
« Modifié: décembre 16, 2011, 07:24:45 pm par PhareAdmin »

nicolas

  • Modérateur Global
  • Nouveau membre
  • *****
  • Messages: 37
    • Voir le profil
Re : Re : Ma fille ne se remet pas du départ de son frère , suicidé
« Réponse #6 le: décembre 16, 2011, 07:29:21 pm »
S'il vous plait, tenez moi au courant des prochaines réunions, je suis dans le sud et je pourrais prendre mes dispositions. J'en ai besoin, ici il n'y a rien !!!!!!!! merci à tous
Bonjour Cathy.
Je relis votre message très tardivement. je pense que vosu parlez des dates des groupes de parole. Elles sont disponible sur le site dans la rubrique actualités, à droite. Les voici:
17/12/2011

2012 :
21/01
25/02
31/03
28/04
26/05
23/06
Bon courage. Un papa qui fait partie de l'association.

Jissie

  • Nouveau membre
  • *
  • Messages: 12
    • Voir le profil
Re : Re : Ma fille ne se remet pas du départ de son frère , suicidé
« Réponse #7 le: décembre 24, 2011, 05:09:21 pm »
[quote author=heloise link=topic=79.msg189#msg189 date=13229981
 
  ( ....................)

 << Puis un jour, j'ai compris que je ne devais pas me punir, mais vivre pour 2, pour mon frère que la vie avait abandonnée. A l'époque, quand je regardais les étoiles, je prenais la plus lumineuse dans le ciel noir, et je me disais que mon frère était là, avec moi, à me surveiller.
Aujourd'hui, 12 ans après, j'ai toujours mal quand j'évolue. A la naissance de mon premier enfant, j'ai ressenti une telle peine de ne pas avoir mon frère avec moi, de penser que mon fils ne connaitrait jamais son tonton. Mon deuxième enfant naîtra en mars, et j'ai encore cette douleur dans le coeur qui me dit que ma petite fille non plus ne le connaitra pas. Mais la nuit me montre toujours cette étoile plus lumineuse que les autres, et je sais que partout où je me trouve sur Terre, je la vois, elle est avec moi, et elle me fait sourire car elle ne m'a jamais abandonné.
      (.........................)

      On se perd dans nos propres sentiments, notre propre douleur. C'est vrai, comment pouvoir continuer à vivre après ça ? La réponse est en chacun de nous, avec mes parents nous avons toujours voulu parler de mon frère, ne pas en faire un sujet tabou. Au début, c'était très difficile car quand nous prononçions le nom de mon frère, une plaie immense se rouvrait, peur de faire mal à l'autre, mais maintenant, il continue à vivre avec nous d'une certaine manière, et cela nous a permis de vivre ce deuil ensemble et de nous "reconstruire" ensemble.

Je vous souhaite à toutes et tous beaucoup de courage face à cette épreuve. Continuer à venir sur ce forum, je sais que mes parents et moi même sont très reconnaissants à Phare d'exister, d'être là pour nous, de nous montrer que nous ne sommes pas seuls car bien souvent notre entourage ne peut nous comprendre. Il y a quelques années, j'ai participé aux réunions que Phare organisait à Paris pour les frères et soeurs, et ça m'a énormément aidé, de voir que je n'étais pas folle de ressentir ce que je ressentais.

Pensées pour vous et vos proches >>
   
      Bonjour Héloïse,
          Et merci pour votre message ! Il est à la fois très émouvant et très beau. Cette étoile qui brille,, au ciel, brillera encore plus fort j'en suis sûre, le jour où votre petite fille naitra, et la protègera ainsi que son grand frère.
        Bravo d'avoir pu maintenir ce lien avec vos parents ; de pouvoir parler de votre frère disparu sans tabou, sans retenue, naturellement.  C'est la preuve d'une grande solidarité et d'une belle richesse de coeur. C'est beaucoup, beaucoup d'Amour au sein de la famille aussi. C'est très rare. Pour moi, lors des réunions familiales, après le suicide de mon fils, à chaque fois que je prononcais son nom, même pour rappeler un souvenit heureux, c'était le trou d'air ! Le silence total. C'était moi, qui, génée, prenais l'initiative de relancer la conversation. Je n'en ai jamais voulu à personne ; je sais qu'ils souffraient eux aussi. C'était leur façon de se protéger et, sans doute, l'impossibilité de faire autrement.
  Votre dernière phrase concernant les Groupes de Paroles m'a fortement interppelée : << (....) m'a permis de voir que je n'étais pas folle de ressentir ce que je ressentais>>.  C'est exactement le sentiment que j'ai eu moi aussi la première fois,  tant il est vrai qu' au milieu du chaos dans lequel nous vivons dans les mois et les années qui suivent cette tragédie, nous nous posons parfois des questions quant à notre santé mentale et ........gardons le silence.
        Malgré tout, malgré toutes ces souffrances,  malgré et Avec l'Absence...que ce Noël 2011 soit pour vous toutes et tous, aussi serein que possible.
       Chaleureusement,
                   J.             

danièle

  • Nouveau membre
  • *
  • Messages: 4
    • Voir le profil
Re : Ma fille ne se remet pas du départ de son frère , suicidé
« Réponse #8 le: mars 18, 2012, 01:35:31 pm »
bonjour à vous,
depuis ce matin, je suis tellement mal que je me noie dans tous vos messages, je ne sais pas ce que j'y cherche, je sais en tous cas que je n'y trouverai pas la solution, mais j'y trouve au moins des comportements, des attitudes de frères de soeurs qui sont tellement en souffrance eux-aussi
mon histoire resssemble à la vôtre, submergée de souffrance ( et je trouve ce mot souffrance si fade ) de désespoir, de sanglots, de hurlements de douleur, parce que je subis en plus la double peine.
j'avais un fils merveilleux, nous avons passé 17 ans en osmose absolue, en tendresse sans limite, parce qu'aprés notre divorce avec son père, celui-ci a considéré que nous n'existions plus. Mon fils n'a jamais reçu u coup de fil de son père en 18 ans, pas une carte d'anniversaire, pas un seul cadeau de Noël, et malgré le vide que j'essayais de combler ( pas d'image masculine aimante dans ma famille qui aurait pu l'aider ) nous avons passé toutes ces années serrés l'un contre l'autre.
D'une 2e union est née une petite fille, 10 ans plus tard, qu'il a aimé de façon passionnelle, fusionnelle, totalement protectrice ....et puis le drame est arrivé sous la forme d'un accident de moto dramatique, à ses 17 ans.
 6 semaines de coma, et à son réveil un seul but pour lui: repartir " là-bas " dans cet ailleurs extraordinaire qu'il me décrivait, dans la retrouvaille de personnes connues, aimées, décédées deppuis des années et qui l'avaient soutenu dans son coma. Pour lui vivre n'avait aucun sens, la Vie était ailleurs, dans un monde de Lumière et où il se savait beaucoup plus utile
5 ans de supplice pour lui et pour moi, un 2e divorce car la situation était trop compliquée pour le conjoint, et pendant 5 ans je suis allée d'hôp. psy, en centres de rééducation, etc... 5 ans d'enfer auquels il a mis fin, en se pendant.... chez ce père qui l'avait abandonné.
Ma fille alors âgée de 13 ans a pris une bombe sur la tête, elle savait qu'il a allait mal, mais pas à ce point elle était trop jeune pour lui raconter entre 8 et 13 ans la descente aux enfers de son frère.
nous étions trés proches tous les 3, c'était la maison du bonheur et le 14 janvier 2004 ( et oui ça fait 7 ans, ) tout a basculé.
nous nous sommes accrochées l'une à l'autre, dans le souvenir que j'essayais le plus souriant de son frère, nous pleurions ensemble et puis je ramenais toujours les plaisanteries de son frère, les grimaces, mais le Mal guettait en la personne de son père à elle.
il a petit à petit, insidieusement inflitré en elle, l'idée que s'il s'était suicidé, c'était de ma faute, que je l'avais rejeté en l'envoyant se faire opérer en France ( nous vivons en Corse avec il faut le reconnaître des structures inadaptées aux grands blessés et aux cas psy gravissimes ) il allait souvent et pour de longues périodes en soins sur le continent, donnant ainsi au père de ma cette fausse explication que je m'en " débarrassais"
6 mois de manipulation, d'emprise d'un père sur une pré-ado dans l'incompréhension totale, alors ma fille est partie vivre avec son père. Nous nous sommes vues pendant 6 mois, à trés petites doses, puis de moins en moins et à partir de Mars 2005, je ne l'ai plus vue.
je ne vous dirai pas tout ce que j'ai essayé pour la retrouver ( nous vivons dans la même ville ) lettres, attentes devant le collège, entrevues en HP car elle a fait plusieurs TS, auto-mutilations, comas éthylliques, fugues, la dernière TS date de Août 2011, rien n'y a jamais fait, ni l'éducatrice mise en place par le tribunal pour enfants, ni mes messages sur Facebook, ni son parrain qu'elle adorait qui a essayé doucement de la recontacter, plus rien ne la touche dans une souffrance sans limite, une colère contre tout et tous, au point de se couper de ses amies qui ne savent plus quoi faire, un échec scolaire totale, emprisonnées par l'interdiction absolue de son père de lui laisser passer le permis, de l'inscrire en fac, et surtout la maintenir complètement sous son emprise et son refus de la laisser vivre quoique ce soit.
elle a maintenant 21 ans, en échec sur tous les plans mais dans le refus permanent de tout contact avec moi même si une de ses seules amies qui elle aussi ne sait plus quoi faire, m'a avoué que ma fille savait maintenant qui était son père, et qu'il avait fait son malheur.
la question que je me pose et que je vous pose ( j'ai vu plusieurs psy pour essayer de tenir le coup et essayer de comprendre ) c'est si vous avez connu cette situation, comment elle évolue ou a évolué
je suis certains jours , comme aujourd'hui, dans un tel état de désespoir qu'il m'arrive sincèrement de penser à rejoindre mon fils, et qu'enfin cette souffrance cesse
peut-être pourrez-vous m'aider, m'apporter vos expériences,
je vous remercie déjà de m'avoir lue, j'ai vu dans vos textes le même désespoir, la même culpabilité que moi, et je me demande si un jour nous trouverons la paix, ce qui me terrorrise aussi, bien sûr, c'est que ma fille, à bout, parte rejoindre son frère, ce qu'elle a souvent dit à ses amies
je vous quitte et retourne à cette journée, sans but, une journée de plus à me demander pourquoi je suis encore là et à quoi ça sert

moderateurphare

  • Modérateur Global
  • Nouveau membre
  • *****
  • Messages: 8
    • Voir le profil
Re : Ma fille ne se remet pas du départ de son frère , suicidé
« Réponse #9 le: mars 22, 2012, 02:41:58 pm »
Bonjour Danièle,

A travers votre récit nous entendons votre profond désespoir et votre sentiment d'impuissance par rapport à votre fille.
Vous savez qu'il est toujours possible d'appeler la ligne d'écoute de l'association. Les appels sont anonymes et les écoutants sont à votre disposition. Nous n'avons pas la réponse à vos questionnements mais si vous pensez que d'en parler peut vous aider, n'hésitez pas.

Vous terminez votre message par:
"je vous quitte et retourne à cette journée, sans but, une journée de plus à me demander pourquoi je suis encore là et à quoi ça sert".

Nous entendons vos craintes concernant un éventuel passage à l'acte de sa part. Et si  nul ne pourra vous dire comment la situation avec votre fille évoluera,  il nous semble que quelque part au fond de vous, il y a toujours un espoir que votre fille vous reviendra. Que peut-être un jour, il sera à nouveau possible de reconstruire une relation avec elle; C'est peut-être cela qui peut redonner un peu de sens à cette journée et les autres à venir.   
« Modifié: avril 18, 2012, 11:43:37 am par moderateurphare »

danièle

  • Nouveau membre
  • *
  • Messages: 4
    • Voir le profil
Re : Ma fille ne se remet pas du départ de son frère , suicidé
« Réponse #10 le: mars 23, 2012, 01:46:13 pm »
bonjour et merci de votre réponse
merci également de me proposer votre écoute téléphonique, mais je vous avoue être plus à l'aise dans l'écriture, les entretiens se finissant toujours par des larmes de ma part, surtout face à une situation où je ne rencontre jamais de personnes me donnant l'évolution de leur situation
Internet est remplie de messages de parents désespérés qui ne voient plus leur enfants, pour X raisons, mais jamais personne ne vient raconter la fin de l'histoire, même des mois ou des années plus tard
c'est cela que j'étais venue chercher siur votre site, j'y ai lu des parents dans la même situation que moi, la perte d'un enfant et petit à petit l'éloignement des autres enfants, voire même la coupure totale
il doit bien y avoir des parents qui ont retrouvé, ou plus du tout vu leurs enfants, mais je crois qu'une fois la situation changée, plus personne ne se connecte , trop à la joie sans doute de pouvoir reprendre leurs enfants dans leur bras
je viens donc régulièrement voir si quelqu'un peut répondre à mes angoisses
merci encore de votre message, peut-être à une autre fois

coro

  • Nouveau membre
  • *
  • Messages: 35
    • Voir le profil
Re : Ma fille ne se remet pas du départ de son frère , suicidé
« Réponse #11 le: avril 12, 2012, 10:01:09 am »
Bonjour Danièle,

Vous semblez persuadée que les retrouvailles sont possibles et vous avez raison cela existe nécessairement. Ce n'est pas parce que personne n'en parle que cela ne se produit pas. Alors même si personne ne le dit, accrochez vous à votre espoir car cela est tout à fait vraisemblable, nul besoin de preuves pour pouvoir y croire.

Bon courage.
« Modifié: avril 12, 2012, 10:11:36 am par PhareAdmin »

danièle

  • Nouveau membre
  • *
  • Messages: 4
    • Voir le profil
Re : Ma fille ne se remet pas du départ de son frère , suicidé
« Réponse #12 le: mai 10, 2012, 11:27:34 pm »
bonjour Coro
il y a longtemps que je n'étais venue, sincèrement parce que je n'y ai pas trouvé de témoignage qui fasse écho à mon histoire Toutes sont si difficiles, mais apparement aucun parent n'a vu son 2e enfant s"éloigner, au point de le perdre aussi.
je n'ai plus beaucoup d'espoir de revoir ma fille, elle a passé 21 ans et je ne pensais pas qu'elle puisse être aussi dure, aussi intransigeante, sans jamais venir me voir, qu'on en parle , qu'elle se fasse sa propre idée et essayer de savoir si tout ce que lui avait martélé son père depuis plus de 6 ans était la vérité.
Merci de votre réponse, mais vous ne semblait pas trés convaincu non plus...

Gargoute

  • Nouveau membre
  • *
  • Messages: 1
    • Voir le profil
Re : Ma fille ne se remet pas du départ de son frère , suicidé
« Réponse #13 le: février 13, 2013, 04:39:33 pm »
Bonjour à tous,
Maman toujours en deuil de sa fille suicidée il y à 2 ans 2 mois et 13 jours. reste sa soeur 13 ans et qu'elle mal etre; comment vivre normalement aprés un telle épreuve.
je viens de lire les messages et j'avoue que les larmes coulent à flots et pour cause.... trop d'émotions trop dur trop émouvant donc je reviendrai plus tard.
Milles excuses.
Une maman toujours en deuil.