Auteur Sujet: Quelques recommandations face à un ado qui exprime des idées suicidaires  (Lu 5036 fois)

PhareAdmin

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Vous voyez votre enfant s'enfoncer, il est nécessaire alors de nouer le dialogue avec lui :


* En exprimant votre inquiétude : "je vois bien que tu vas mal, qu'est ce qui ne va pas ?" dans un climat d'écoute et de bienveillance.
* En posant des questions dénuées de jugement de valeur : l'interroger sur son sommeil, son appétit, ses difficultés.
* En lui demandant clairement s'il a déjà pensé au suicide. Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens le fait d'en parler ne précipite pas le passage à l'acte, cela tend plutôt à le prévenir et à désamorcer la crise : la personne extériorise ces pensées qui l'assaillent et sent qu'elle peut être écoutée et comprise. Soudain mettre fin à ses jours n'est plus l'unique possibilité envisageable.

Bien sûr, le but ultime est de l'amener à consulter.

Attention aux apparences ! Le mieux-être soudain de votre enfant peut être le signe qu'il a pris la décision de mettre fin à ses jours, il se sent soulagé et apaisé par cette décision et la perspective d'en finir avec ses problèmes.
« Modifié: décembre 14, 2011, 10:29:59 am par PhareAdmin »

sylvie E.

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J'ai vu que mon fils n'allait pas bien, il mangeait moins, il dormait mal. Je l'ai emmené chez notre médecin de famille 1 semaine avant qui lui a parlé pendant + d'1 heure. Il n'a rien laissé paraître. Il a interrogé le médecin sur la mononucléose. Le jour suivant une jeune fille de son lycée s'est suicidée. Son mal être s'est sûrement amplifié. Mais je n'ai jamais pensé qu'il pouvait penser au suicide.
J'avais tjs pensé qu'il pouvait consommer trop d'alcool ou fumer un joint lors de fêtes. Et je lui disais "prends soin de toi chéri".
Il y a eu un évènement déclencheur, et on a pas eu le temps d'agir.

coro

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C'est pour cela qu'il est important que vous parliez de façon profonde et véritable à votre fille, qui vous donne aussi le sentiment de faire des excès lors de ses sorties...

PandaMother

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PhareAdmin, vous avez écrit ce message moins de 3 heures après le suicide de mon fils de 17 ans. Deux mois plus tôt, il avait fait une première tentative. Il avait été alors hospitalisé, et il était suivi depuis sa sortie par l'équipe de pédopsychiatrie de l'hôpital. Il se disait et se montrait satisfait de cette prise en charge et, selon sa psychologue, "il faisait toujours quelque chose de ses entretiens".
Pendant son séjour à l'hôpital, il m'a dit un jour "Ne t'inquiète pas maman, je ne vais pas recommencer." Et je suis sûre qu'il était sincère à cet instant.
Nous parlions avec lui de ce que nous percevions de son mal-être.
Nous lui avons répété chaque jour combien nous l'aimions, et notre volonté de l'aider à aller mieux.
Lui-même disait ne pas savoir ce qui l'avait poussé à ce geste la première fois.
Un véritable travail psychothérapeutique était en place, pour lui, et avec moi, pour l'aider à comprendre pourquoi il avait de telles pulsions.
Le jour de sa mort, il avait rendez-vous avec sa psy l'après-midi, il me l'a confirmé le matin. Il a pris le car, est allé jusqu'au lycée dire bonjour à ses amis et a fait demi-tour. Déterminé à mourir, vraisemblablement depuis la veille car il avait préparé un mot et quelques affaires avec lesquelles il souhaitait être enterré.

Alors je vous le demande : qu'aurions-nous dû faire de plus ou de différent pour désamorcer son geste ?
Et que dois-je dire aujourd'hui à son frère de 20 ans, étudiant loin de la maison, et qui va très mal ? Et qui consulte déjà une psychologue  ?

Lorsque vous dites que le but ultime est de l'amener à consulter, j'entends que selon vous, il est alors sauvé. Je le croyais aussi, mais pour mon fils, cela n'a pas suffi, alors même qu'il mettait beaucoup de bonne volonté à venir à ses séances, arrivant généralement en avance et exprimant dès la première l'impression qu'une demi-heure était insuffisant et qu'il souhaitait rallonger un peu la durée de l'entretien.

Theresina

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pour votre fils, cela n'a pas suffit de consulter un psychologue. On peut croire qu'il n'a pas pu s'exprimer vraiment et qu'il a gardé en lui toute sa souffrance pensant que personne ne pouvait l'aider.

Avez-vous rencontré la psychologue pour savoir comment elle jugeait la situation ? Et à l'hôpital après sa première tentative, avez-vous eu un entretien avec l'équipe de pédopsychiatrie ?

Vous avez certainement fait tout ce qui était en votre pouvoir, lui dire que vous l'aimiez et que vous vouliez l'aider.

Pour son frère de 20 ans, il faut surtout garder le contact avec lui. Avez-vous la possibilité de le voir ?
De tout coeur avec vous.

PandaMother

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Merci pour votre réponse Theresina.
Mon fils de 20 ans va revenir à la maison pour une semaine de vacances dans 15 jours. Je pense lui proposer de rencontrer un médecin en qui j'ai toute confiance et qui jugera peut-être nécessaire de lui prescrire un traitement anxiolytique ou antidépresseur.

Pour répondre à vos autres questions, oui, nous avons rencontré l'équipe de pédopsy pendant le séjour de mon fils à l'hôpital, et ensuite à intervalles réguliers, pour tenter de comprendre ce qui, dans son histoire pouvait expliquer son état de fragilité. Et quelque temps après son décès, nous les avons à nouveau rencontrés. La psychologue qui le suivait ne l'avait à aucun moment senti suicidaire, elle ne s'attendait absolument pas à ce geste.

Je crois qu'il n'a pas eu le temps de comprendre sa souffrance et qu'elle l'a submergé, ne lui laissant pas envisager d'autres solutions.